![]() Jacobus Arcadelt "O felici occhi miei" |
Le terme de madrigale apparut pour la première fois au XIVe siècle, période italienne de l’Ars nova. C’était une forme de poésie profane dans laquelle le rôle de la musique était limité, soumis à l’expression verbale. L’apparition des premiers madrigaux correspondit à l’essor poétique pris en Italie dès la fin du XIIIe siècle, grâce à Pétrarque, Dante et Boccace, et répondit du même coup au goût inné des Italiens pour la mélodie et la virtuosité vocale. Son origine exacte est aussi controversée que son étymologie. On pense cependant qu’il a pu provenir d’une transformation progressive du terme cantus materialis, par opposition à celui de cantus spiritualis. |
À un poème de deux, trois ou quatre strophes de trois vers comprenant chacun sept ou onze pieds et terminé par un ritornello, correspondait une composition musicale en deux sections, l’une réservée aux strophes, l’autre, plus brève, au ritornello, un finale servant de conclusion. La polyphonie à deux ou trois voix, assez élémentaire puisqu’elle se réduisait le plus souvent à des quintes parallèles et à des unissons, laissait la primauté à la partie supérieure, très ornée et enrichie de nombreuses vocalises. Le plus ancien madrigaliste paraît avoir été Casella (mort avant 1300), ami de Dante qui parle de lui dans un épisode du Purgatoire, mais dont aucune œuvre n’est conservée. En revanche, le manuscrit du Vatican « Rossi 215 » indique que le madrigal connut sa plus grande vogue vers 1330-1340. Grâce à ce document paru sans nom d’auteur, on a retrouvé ceux qui ont contribué à sa création : Giovanni da Cascia, dit Jean de Florence (premier tiers du XIVe siècle), Piero, Jacopo da Bologna. Quant à l’organiste aveugle Francesco Landini (1325 env.-1397), le plus célèbre représentant de l’Ars nova florentine, il est considéré comme le « Machaut italien ». Puis la mode du madrigal décrut rapidement, et il disparut de la musique durant tout le XVe siècle. |
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